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Communiqué, Conférence / Addictions, Culture scientifique, Eq S.Carnicella, Science pour tous
Le 3 juillet 2026
Lors d’une conférence grand public organisée par l’Inserm le 3 juin 2026, Sébastien Carnicella, responsable de l'équipe « Physiopathologie de la motivation » a décrypté les mécanismes cérébraux impliqués dans les addictions. L'occasion de déconstruire de nombreuses idées reçues sur ces maladies encore largement stigmatisées.
Ils étaient une centaine présents ce soir-là à la Maison de la Vie Associative et Citoyenne de Grenoble, membres d’associations, proches ou grand public, pour assister à la conférence de Sébastien Carnicella, intitulée : « Alcool et autres addictions : mieux comprendre leurs mécanismes pour mieux les traiter ».
Dès le début de son intervention, ce spécialiste des addictions est revenu sur l’étymologie même du mot : "addictere et addictus qui ont donné addiction sont des termes de droit romain. Ils étaient utilisés pour parler d’un débiteur incapable de rembourser son créancier et qui en devenait en quelque sorte, l’esclave. Il y a donc vraiment la notion de mise en esclavage et de perte de liberté dans l’addiction."
Non, les personnes addictes ne manquent pas de volonté
Comme l’a bien expliqué le chercheur, l’addiction à un produit comme l’alcool n'est pas due à un manque de volonté mais est la conséquence de modifications profondes des circuits cérébraux impliqués dans la motivation et la prise de décision.
« C'est une véritable maladie avec des souffrances importantes. Une véritable perte de liberté, de privation de choisir et de décider. Et cette perte de contrôle ne se résume pas à une question de volonté » a martelé Sébastien Carnicella pour qui « il n'y a pas vraiment de drogue forte, faible, légale ou non légale. Elles ont toutes le même impact sur le cerveau, et elles amènent toutes à des conséquences extrêmement négatives. »
Non, les addictions ne sont pas une maladie du plaisir
Contrairement à une idée largement répandue, « l'addiction n'est pas une maladie du plaisir, c'est une maladie du désir » a insisté le chercheur.
Au cœur de ce mécanisme se trouve la dopamine, un neurotransmetteur souvent associé, à tort, au plaisir. Son rôle principal est en réalité de soutenir la motivation et le désir d'agir. Avec l'addiction, ce système se dérègle : la consommation n'est alors plus guidée par la recherche d'une sensation agréable, mais par le besoin de soulager le manque et de retrouver un état jugé « normal ».
L'addiction peut être définie comme un état compulsif caractérisé par la recherche et la consommation persistantes d'une substance malgré leurs conséquences négatives.
Non, tout le monde ne devient pas addict de la même façon
Toutes les personnes exposées à une substance addictive ne développent pas pour autant une dépendance. Les récents travaux de l’équipe de Sébastien Carnicella suggèrent que certaines personnes pourraient être plus vulnérables aux addictions parce qu'elles mobilisent moins efficacement certains mécanismes physiologiques de protection.
Des facteurs génétiques, des traumatismes, certains troubles psychiatriques ou encore l'environnement peuvent favoriser l'apparition d'une addiction. « Nous n’avons pas tous les mêmes vulnérabilités et certaines peuvent être d’origine génétique ou faisant suite à un trauma » a résumé le chercheur, soulignant que la consommation peut aussi constituer une forme d'automédication face à une souffrance préexistante.
Non, le médicament miracle n’existe pas
Mieux comprendre les mécanismes cérébraux des addictions permet d'identifier de nouvelles pistes thérapeutiques. Les résultats au GIN, notamment sur le rôle de la glycine dans les comportements compulsifs, ouvrent des perspectives prometteuses, sans pour autant constituer une solution unique. Mais Sébastien Carnicella s’est montré prudent : « Il n'y aura pas de molécule miracle. On ne peut pas réduire l’addiction à une maladie du cerveau, à une question de neurones. Les dimensions sociales, psychologiques, environnementales sont importantes et impliquent des traitements individualisés » a conclu le chercheur.
En déconstruisant plusieurs idées reçues, cette conférence a rappelé que les addictions ne relèvent ni d'un défaut de volonté ni d'une simple recherche de plaisir. Elles sont des maladies complexes, qui nécessitent à la fois une meilleure compréhension des mécanismes cérébraux et une prise en charge adaptée à chaque patient.
Cette conférence a été organisée par la délégation régionale de Inserm Auvergne-Rhône-Alpes, en partenariat avec l’association Vivre Sans Addiction Alcool-VSA2 et la CAMERUP.
De gauche à droite, Robert Pelloux, président de Vivre sans addiction, Amandine Germain, Adjointe "Santé, alimentation et restauration collective" à la Maire de Grenoble, Claudie Lemercier, responsable Associations de Patients, Société et Recherche à l'Inserm, et Sébastien Carnicella, chercheur Inserm au GIN.
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