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Semaine du Cerveau 2026 : Regards croisés entre neurologie et psychiatrie sur les troubles du langage

Communiqué, Rencontre / Débat / Accidents vasculaires cérébraux, Culture scientifique, Santé, Schizophrénie, Science pour tous

Le 27 mars 2026

Soirée semaine du cerveau au CHU

Jeudi 19 mars 2026, dans le cadre de la Semaine du Cerveau, une soirée consacrée aux troubles du langage était organisée au CHU Grenoble Alpes, avec plusieurs chercheurs du GIN.

La 28e édition de la Semaine du Cerveau à Grenoble avait pour thème le "Cerveau bavard". 
Le 19 mars, lors de la soirée intitulée "Quand le langage déraille..", le Pr Clément Dondé et le Pr Mircea Polosan, tous deux psychiatres au CHU Grenoble Alpes et chercheurs au GIN, accompagnés du Dr Olivier Moreau et de l’orthophoniste Stéphanie Maurice, ont partagé leurs expériences cliniques des troubles du langage, des discours délirants aux ruminations obsessionnelles, en passant par les aphasies. Ils ont ensuite répondu aux nombreuses questions du public, apportant des éclairages complémentaires selon leurs spécialités.

Le Pr Micea Polosan, psychiatre au CHU Grenoble Alpes et chercheur au GIN.


Le Pr Clément Dondé, psychiatre au CHU Grenoble Alpes et chercheur au GIN.
 

Les échanges ont mis en lumière la diversité des troubles du langage et de leurs causes. Car le langage ne se réduit pas aux mots : il mobilise aussi leur sens, leur prononciation, la mémoire, ou encore la construction des phrases. Autant de dimensions susceptibles d’être altérées de manière différente selon les pathologies.
Le Dr Laurent Vercueil, animateur de la soirée, a illustré cette complexité à travers un cas clinique marquant* : celui d’un patient qui, après un AVC, appelait tous les objets « thermomètre », révélant une altération du lien entre le mot et son sens.

En neurologie, les troubles du langage résultent souvent d’une lésion des zones cérébrales impliquées dans la production ou la compréhension
En psychiatrie, ils traduisent plutôt des perturbations de la pensée elle-même, qui se reflètent dans le discours, comme dans la schizophrénie ou les troubles obsessionnels compulsifs.

« Le langage peut générer une véritable sensation de désarroi lorsqu’il déraille », a souligné Stéphanie Maurice, en évoquant le vécu de certains patients qui finissent par s’isoler, évitant des situations sociales où ils savent qu’ils ne pourront pas s’exprimer comme ils le souhaitent. Un ressenti que le Pr Clément Dondé a résumé en affirmant que dans les troubles du langage : « ce n’est pas seulement le langage qui est touché, mais la relation à l’autre elle-même. »

Pendant près de deux heures, les échanges nourris avec le public ont témoigné de l’intérêt suscité par ces questions, à la croisée de la neurologie et de la psychiatrie.
 

De gauche à droite : le Pr Mircea Polosan, le Dr Olivier Moreau et l'orthophoniste Stéphanie Maurice. 


*Ce cas clinique est raconté dans le livre éponyme du professeur Laurent Cohen, neuropsychologue à l’Hôpital de la Salpêtrière-Paris-VI. Une enquête médicale passionnante racontée comme un roman policier. 
L’homme thermomètre, Laurent Cohen (Odile Jacob, 2004).

 

Date

Le 27 mars 2026

Publié le 1 avril 2026

Mis à jour le 1 avril 2026