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Semaine du Cerveau 2026 : Plongée dans un cerveau "trop bavard" avec les scientifiques du GIN

Communiqué, Conférence, Rencontre / Débat / Culture scientifique, Science pour tous

Le 1 avril 2026

Mohamad Allouche durant la soirée Semaine du Cerveau au GIN

"De l’écho au chaos, quand le cerveau en dit trop" était le titre de la soirée Semaine du Cerveau organisée au GIN le 20 mars 2026. Une soirée qui a mobilisé une dizaine de jeunes scientifiques du GIN autour de thématiques complexes qu’ils ont su vulgariser avec humour et pédagogie.

Quel rapport y a-t-il entre un concert de métal, une pastèque, une piqûre de guêpe et un spam ? 

A priori aucun. Pourtant, ces images ont jalonné les présentations de la soirée et se sont révélées d’efficaces métaphores pour expliquer le fonctionnement de notre cerveau.

En les mobilisant, sept jeunes chercheurs et chercheuses du GIN ont relevé le défi d’aborder des sujets complexes (de l’imagerie par résonance magnétique à la stimulation cérébrale profonde, en passant par les pensées intrusives et la douleur), sans jamais perdre le public.

 

En introduction de cette soirée, Mohamad Allouche a présenté une vidéo originale qu’il a réalisée, mettant en scène les participants d’une soirée festive. 
Chaque personnage incarnait, par ses caractéristiques, une grande famille de neurones : des neurones glutamatergiques, danseurs dynamiques et surexcités interagissant avec l’ensemble du "groupe", aux cellules sérotoninergiques, DJ de la soirée responsables de l’ambiance et de l’humeur. 
La barrière hémato-encéphalique était quant à elle représentée par des videurs, filtrant les entrées pour protéger le cerveau.

Axel Mouille et Sébastien Rigollet ont filé cette métaphore musicale en comparant l’IRM à un concert de métal, où des millions de “spectateurs” (les molécules d’eau) s’alignent, puis entrent en mouvement collectif sous l’effet d’un signal, comme une foule emportée par la musique, avant de revenir progressivement au calme. "Dans notre cerveau, c’est un concert silencieux permanent. L’IRM nous permet de l’écouter", ont conclu les deux chercheurs.

La transition était alors facile vers une autre forme de "bruit silencieux" de notre cerveau : les pensées intrusives. Iris Caggia et Salomé Lippolis ont proposé de les percevoir comme des "spams" mentaux : des pensées qui surgissent sans que nous les ayons sollicitées, parfois anodines, parfois envahissantes. 

Si elles font partie du fonctionnement normal du cerveau, elles peuvent devenir difficiles à ignorer dans les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), lorsque le cerveau peine à les réguler.

Rémi Soutrenon a ensuite abordé la question de la douleur, en rappelant qu’elle ne se résume pas à un simple signal physique. La douleur comporte en réalité quatre dimensions : une composante sensorielle (la sensation physique), une composante émotionnelle (le ressenti qui l’accompagne), une composante cognitive (le sens qui lui est attribué) et une composante comportementale (les réactions qu’elle entraîne).
Pour l’illustrer, jouant sur le comique de répétition, il a utilisé l’exemple d’une personne se faisant piquer par une (vilaine) guêpe… à quatre reprises.

Enfin, Audrey Kist a présenté le principe de la stimulation cérébrale profonde : une technique impressionnante consistant à moduler l’activité électrique du cerveau à l’aide d’électrodes aussi fines qu’un spaghetti, ciblant une zone de la taille d’un pépin dans une pastèque. 

Utilisée notamment dans le traitement de la maladie de Parkinson, la stimulation cérébrale profonde peut entraîner des améliorations spectaculaires des symptômes chez certains patients et s’avère très prometteuse pour d’autres pathologies, comme les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou encore certaines dépressions pharmacorésistantes.

Animée par Isabelle Guillemain, qui a accompagné et encadré les doctorants dans la préparation de leurs interventions, la soirée a donné lieu à de nombreux échanges avec le public, qui se sont prolongés bien après les présentations. 

Certains sont même allés jusqu’à expérimenter le simulateur de douleur des règles proposé par Rémi Soutrenon. Une expérience mémorable ! 

 


 

Date

Le 1 avril 2026

Publié le 2 avril 2026

Mis à jour le 2 avril 2026