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Des microfaisceaux de rayons X pour traiter l’épilepsie pharmacorésistante : une preuve de concept prometteuse

Communiqué / Epilepsie

Le 20 janvier 2026

Dispositif expérimental au Synchrotron

Dans une étude publiée fin 2025 dans la revue Epilepsia, une équipe du GIN montre, chez la souris, que des microfaisceaux de rayons X permettent de réduire significativement l’activité épileptique, tout en limitant les effets secondaires sur les tissus cérébraux environnants.

Près d’un tiers des personnes atteintes d’épilepsie ne répondent pas aux traitements médicamenteux. Pour certaines formes focales, en particulier l’épilepsie mésio-temporale, la chirurgie reste aujourd’hui la solution de référence, au prix toutefois d’une intervention lourde et de risques neurologiques importants.

L’équipe d’Antoine Depaulis du Grenoble Institut des Neurosciences explore depuis une dizaine d’années une nouvelle approche de radiochirurgie pour le traitement des épilepsies pharmacorésistantes, fondée sur la Microbeam Radiation Therapy (MRT) produite par rayonnement synchrotron.

Une radiochirurgie ultra-précise

La MRT repose sur l’utilisation de faisceaux de rayons X extrêmement fins (environ 50 micromètres), délivrés à très haute dose mais de manière spatialement fractionnée. Contrairement aux techniques de radiothérapie conventionnelles, cette approche crée des microlésions très localisées, épargnant en grande partie les structures cérébrales adjacentes.
Initialement développée en neuro-oncologie, la MRT a ici été testée dans un modèle bien établi d’épilepsie mésio-temporale chez la souris, une forme d’épilepsie focale sévère et résistante aux médicaments.

Moins de crises, sans toxicité majeure

Les résultats montrent qu’une irradiation ciblée du foyer épileptique entraîne une diminution significative de la fréquence et de la durée des crises pendant environ deux mois après le traitement. 
Les chercheurs observent par ailleurs que répartir la dose sur plusieurs trajectoires d’irradiation améliore l’efficacité thérapeutique tout en réduisant la toxicité tissulaire.

« L’objectif était avant tout de démontrer qu’un effet thérapeutique était possible », explique Loan Samalens, première autrice de l’étude. « Cette étude est une preuve de concept : elle montre que plus on répartit la dose sur plusieurs trajectoires, meilleurs sont les résultats, à la fois en termes d’efficacité et de tolérance. »

Les analyses histologiques confirment que les lésions induites restent confinées aux trajets des microfaisceaux, sans œdème ni nécrose cérébrale, et avec des altérations limitées des tissus voisins.

Vers une alternative non invasive pour les patients ?

Ces travaux constituent une étape importante vers le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les épilepsies pharmacorésistantes, qui concernent environ 30 % des patients épileptiques. Des études complémentaires sont toutefois nécessaires pour évaluer les effets à plus long terme, mieux comprendre les mécanismes d’action de la MRT et affiner les paramètres d’irradiation les plus sûrs et les plus efficaces.

« La suite consistera à suivre les animaux sur des durées plus longues, à étudier les effets sur le comportement et à comprendre précisément comment ces microlésions modifient les réseaux neuronaux épileptogènes », précise Loan Samalens.

À terme, cette approche pourrait ouvrir la voie à une alternative non invasive à la chirurgie pour certaines formes d’épilepsie sévère, même si des verrous technologiques et cliniques restent à lever avant toute application chez l’humain.

Référence :
Synchrotron-generated microbeams as a radiosurgical alternative for drug-resistant epilepsies: Proof of concept in a mouse model of mesiotemporal lobe epilepsy
Loan Samalens, Camille Beets, Clothilde Courivaud, Sarvenaz Keshmiri, Jean-François Adam, Paolo Pellicioli, Emmanuel Luc Barbier, Raphaël Serduc, Antoine Depaulis
Epilepsia. 2025 Dec 23. doi: 10.1002/epi.70063. Online ahead of print.

 

Date

Le 20 janvier 2026

Publié le 23 janvier 2026

Mis à jour le 23 janvier 2026