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Conférence, Rencontre / Débat, Communiqué / Epilepsie, Eq J.Bastin, Eq M.Pereira, Science pour tous
Le 22 février 2026
À l’occasion de la Journée internationale des épilepsies, le 9 février 2026, plusieurs chercheurs et cliniciens étaient présents au CHU Grenoble Alpes pour échanger avec le public sur les chirurgies de l’épilepsie. Des interventions qui ont permis de souligner la contribution déterminante des patients dans l’avancée des connaissances sur le fonctionnement du cerveau humain.
La chirurgie est une option thérapeutique proposée aux patients dans le cas d’épilepsies pharmaco-résistantes. Elles concernent environ 30 % des patients et la chirurgie permet, selon les situations, une disparition complète des crises ou une réduction significative de leur fréquence et de leur intensité.
Lors de la Journée Internationale des épilespsies au CHU Grenoble Alpes, la neuropédiatre Mariana Pommella et le neurologue Alexis Robin ont expliqué que cette chirurgie n’est envisagée qu’après un bilan préchirurgical complet, incluant plusieurs consultations et un bilan neuropsychologique ainsi que de nombreuses imageries : vidéo-EEG, IRM cérébrale, PET scanner…
Lorsque les données du bilan de première phase sont discordantes ou insuffisantes pour localiser précisément la zone épileptogène, une étape supplémentaire peut s’avérer nécessaire : la stéréo-électroencéphalographie (SEEG).
Cette technique consiste à implanter temporairement des électrodes intracérébrales afin d’enregistrer l’activité électrique du cerveau en profondeur. Elle offre également la possibilité de réaliser de petites lésions ciblées, appelées « thermocoagulations », qui suffisent chez environ 5 % des patients à stopper les crises sans avoir besoin d’une chirurgie de résection.
« La décision de chirurgie est prise au cas par cas pour chaque patient, en fonction de l’étendue de la zone épileptogène et de sa localisation » a précisé le Dr Mazen Kallel, neurochirurgien, « l’intervention vise à retirer la zone épileptogène tout en préservant les régions cérébrales fonctionnelles. » Ces interventions s’appuient sur des technologies de haute précision, notamment un robot chirurgical à précision inframillimétrique.
Si la SEEG répond d’abord à un objectif clinique (identifier la zone à l’origine des crises), elle constitue également une opportunité scientifique rare. Ces enregistrements intracérébraux, d’une précision spatiale et temporelle exceptionnelle, permettent d’étudier le fonctionnement cérébral, bien au-delà des crises d’épilepsie.
Après les cliniciens, plusieurs chercheurs, du LPNC et du GIN, ont présenté comment, avec l’accord éclairé des patients et dans un cadre strictement éthique, les données recueillies pendant ces hospitalisations peuvent être utilisées à des fins de recherche fondamentale.
Grâce à ces patients, Jean-Baptiste Eichenlaub, spécialiste du sommeil au Laboratoire de Psychologie et Neurocognition de Grenoble, a pu démontrer que le cerveau ne s’endort pas d’un seul bloc mais progressivement, zone après zone. Les enregistrements intracérébraux ont également permis d’observer des phénomènes de « replay » nocturne, au cours desquels le cerveau semble rejouer des séquences apprises dans la journée, contribuant à la consolidation de la mémoire.
Les travaux de Julien Bastin, responsable de l’équipe "Cerveau, Comportement et Neuromodulation" au GIN, ont permis de comprendre que le cerveau n’utilise pas les mêmes circuits pour apprendre par récompense ou pour éviter une punition. Le chercheur a également mis en évidence que certaines activités épileptiques peuvent interférer subtilement avec ces mécanismes, sans que cela ne soit perçu consciemment par les patients.
Quant à Michael Pereira, responsable de l’équipe "Modélisation et estimation d'états subjectifs", ses travaux portent sur les bases neuronales de la conscience. En comparant des situations où un visage est perçu consciemment ou non, malgré une stimulation visuelle identique, son équipe a identifié des signatures neuronales spécifiques.
« Sans la contribution des patients, on n’aurait pas pu faire toutes ces découvertes » a souligné Julien Bastin. « On bâtit nos travaux de recherche grâce à la contribution des patients qui nous donnent un peu de leur temps pendant des moments difficiles de leur vie. » a complété Michael Pereira, en remerciements. Une contribution souvent discrète, mais essentielle à la progression des neurosciences, que cette journée a permis de mettre en lumière.
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