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Troubles obsessionnels compulsifs : l’AFTOC dans les coulisses de la recherche grenobloise

Communiqué / Culture scientifique, Eq M.Pereira, Science pour tous, TOC

On October 25, 2026

Visite de l'AFTOC à Grenoble

L'Association française de personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (AFTOC) est allée à la rencontre des équipes du Grenoble Institut des Neurosciences (GIN) et du CHU Grenoble Alpes. À travers une série d'entretiens avec chercheurs et cliniciens, elle nous plonge au cœur des recherches menées à Grenoble sur ces troubles psychiatriques.

À Grenoble, une recherche au plus près des patients 

Comment mieux comprendre les mécanismes cérébraux impliqués dans les troubles obsessionnels compulsifs ? Et comment développer des traitements plus efficaces et mieux adaptés à chaque patient ?

À Grenoble, depuis plus de vingt ans, ces questions mobilisent des équipes de chercheurs et de cliniciens qui travaillent en étroite collaboration. Des sciences cognitives aux techniques de neuromodulation, leurs travaux explorent différentes facettes de ces troubles, avec un même objectif : améliorer la prise en charge des patients.

Cette complémentarité entre recherche fondamentale et clinique est l'une des forces du site grenoblois. La proximité du GIN et du CHU Grenoble Alpes facilite les échanges : les chercheurs peuvent conduire leurs études auprès des patients, tandis que les cliniciens participent directement aux projets de recherche. « On a des interactions quasi quotidiennes », confirme Mircea Polosan, professeur de psychiatrie au CHU Grenoble Alpes et chercheur au GIN.

Comprendre les mécanismes du doute

Pourquoi une personne souffrant de TOC peut-elle éprouver le besoin de vérifier plusieurs fois qu'une porte est bien fermée, alors même qu'elle vient de le constater ? Que se passe-t-il dans son cerveau pour que cette information ne suffise pas à la rassurer ?

Pour le savoir, Childéric Dézier, doctorant, et Michaël Pereira, chercheur au GIN, tentent de mieux définir la notion de doute et de développer des méthodes permettant de l'étudier scientifiquement.

Leurs recherches comportent une importante dimension théorique et méthodologique, car le doute est un phénomène complexe, qui peut être abordé sous différents angles : émotionnel, cognitif ou encore comportemental. Les deux chercheurs essaient notamment de déterminer si le doute ressenti par les personnes souffrant de TOC repose sur des mécanismes différents de ceux observés chez les personnes sans TOC, ou s'il s'agit d'une manifestation exacerbée d'un phénomène ordinaire.

« On va créer du doute simple, le doute qu'on expérimente dans la vie de tous les jours chez une personne qui n'a pas de TOC, et voir s'il y a une différence de traitement de ce doute-là chez un patient et chez un volontaire sain », explique Childéric Dézier, qui termine son doctorat. 

➡️ Sur ce sujet voir aussi TOC : quand le doute ne vient pas de ce que l’on voit

Vers des traitements plus personnalisés

Si les sciences cognitives cherchent à mieux comprendre les mécanismes du doute, d'autres travaux visent à améliorer les traitements proposés aux personnes souffrant de TOC.

Dans la vidéo, Audrey Kist, chercheuse au GIN, présente les enjeux de la personnalisation de la stimulation cérébrale profonde (SCP). Cette technique, utilisée dans certains cas de TOC sévères et résistants aux traitements habituels, consiste à implanter des électrodes dans des régions précises du cerveau afin de moduler l'activité des circuits neuronaux impliqués dans les symptômes.

Mais tous les patients ne répondent pas de la même manière à cette stimulation. L'un des enjeux actuels est donc de déterminer quelles régions cérébrales cibler pour chaque patient.

« Est-ce que la bonne option, ce ne serait pas plutôt que d'implanter tout le monde dans la même cible, de regarder pour chaque patient s'il n'y a pas une cible en particulier qui fonctionne mieux que d'autres ? », interroge Audrey Kist.
« Toute la recherche actuellement est focalisée sur la manière d'optimiser la stimulation et la définition des critères qui peuvent nous aider à choisir le profil du meilleur répondeur », complète le Pr Mircea Polosan. Plus largement, l'objectif est de proposer à chaque patient la stratégie thérapeutique la mieux adaptée, en tenant compte de ses caractéristiques individuelles.

D'autres approches pour explorer les mécanismes des TOC

La vidéo met également en lumière d'autres travaux menés par les équipes grenobloises.

Sylvain Harquel, ingénieur de recherche au CNRS au Laboratoire de psychologie et neurocognition (LPNC), travaille notamment sur la stimulation magnétique transcrânienne (TMS), une technique non invasive qui permet de moduler l'activité cérébrale à l'aide d'impulsions magnétiques.

Fabien Cignetti, chercheur au GIN, s'intéresse aux mécanismes cérébraux de la prise de décision. Ses travaux visent notamment à comprendre comment le cerveau anticipe les conséquences de nos actions et adapte nos comportements en fonction des informations reçues, des processus susceptibles d'être perturbés chez les personnes souffrant de TOC.

Enfin, Mario Hervault, également chercheur au GIN, étudie le contrôle des pensées intrusives. Les personnes souffrant de TOC rencontrent-elles des difficultés particulières à interrompre ces pensées ? À l'aide de tâches expérimentales, il cherche à identifier les mécanismes cérébraux impliqués dans ce contrôle.

Ces différentes approches témoignent de la diversité des recherches menées à Grenoble pour mieux comprendre les TOC et faire progresser leur prise en charge.

Une immersion dans les coulisses de la recherche grenobloise à découvrir dans la vidéo réalisée par l'AFTOC.

 



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Date

On October 25, 2026

Submitted on October 28, 2026

Updated on October 28, 2026