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Être « nez » ce n'est pas inné !

le 9 mars 2011
Recherche, Sciences de la Vie et Santé

L'imagerie mentale olfactive se développe avec l'apprentissage

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Avoir du flair, une affaire d'expert ? Oui ! Être nez n'est pas inné, c'est seulement une question d'entraînement : c'est ce qu'ont montré Jane Plailly, Jean-Pierre Royet chercheurs au laboratoire Neurosciences Sensorielles Comportement Cognition (Lyon) et Chantal Delon-Martin, chercheur à l'Institut des Neurosciences de Grenoble.

L'expérience d'imagerie cérébrale menée par les neuroscientifiques impliquaient des parfumeurs professionnels et des étudiants parfumeurs. Elle montre pour la première fois que des régions semblables s'activent pendant la perception et l'imagination d'odeurs, et que cette activation est fonction du niveau d'expertise. Un résultat qui prouve que l'imagerie mentale olfactive procède de la même façon que l'imagerie mentale visuelle ou auditive, par réactivation d'images olfactives au sein du cerveau et que cette capacité se développe avec l'expérience.

Autre enseignement : chez les parfumeurs, l'entraînement olfactif intensif influence le niveau d'activation du réseau neuronal impliqué dans l'imagerie mentale des odeurs. De façon étonnante, plus le niveau d'expertise est grand, plus l'activité des régions olfactives et mnésiques (hippocampe) diminue. Ainsi, quand le cerveau est entraîné, la « communication » au niveau neuronal se fait beaucoup mieux, de façon plus rapide et efficace, et le message est plus spécifique, entraînant une réduction de l'activation. Un résultat qui démontre que l'imagerie mentale olfactive se développe avec l'apprentissage au quotidien, et ne résulte pas d'une faculté innée.

Dans cette étude, les parfumeurs étaient capables d'imaginer les odeurs rapidement, voire instantanément, tandis que les étudiants présentaient certaines difficultés et devaient concentrer davantage leur attention. En réactivant facilement des représentations mnésiques d'odeurs, les parfumeurs peuvent à loisir comparer et combiner mentalement les senteurs dans le but de créer de nouvelles fragrances. Ces résultats démontrent l'extraordinaire capacité de notre cerveau à s'adapter à la demande environnementale et à se réorganiser avec l'expérience.


Référence :

Plailly J., Delon-Martin C., Royet J.P. (2011). Experience induces functional reorganisation in brain regions involved in odor imagery in perfumers, Human Brain Mapping.

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Mise à jour le 21 octobre 2016

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