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La stimulation cérébrale profonde pour soigner les TOCs

le 5 novembre 2011
Recherche, Sciences de la Vie et Santé

De nouvelles avancées pour de nouveaux traitements des troubles obsessionnels compulsifs

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Des chercheurs du CHU de Grenoble, de l'Université Joseph Fourier, de l'Inserm et du CEA-Léti viennent d'apporter de nouveaux éléments scientifiques pour expliquer l'efficacité de la stimulation cérébrale profonde dans le traitement des troubles obsessionnels compulsifs. Les résultats de cette étude clinique prometteuse, menée au sein du service de neurochirurgie du CHU de Grenoble, en collaboration avec le service de Psychiatrie et le Grenoble-Institut des neurosciences (GIN) ont été publiés dans la revue Annals of Neurology.

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOCs) affectent environ 2 à 3 % de la population et sont caractérisés par l'intrusion involontaire et incontrôlable d'idées, d'images (appelées obsessions) associées à des comportements stéréotypés ou des actes « mentaux » (appelés « compulsions ») dont le but est souvent de neutraliser l'anxiété induite par ces obsessions.
 

La stimulation cérébrale profonde : de la maladie de Parkinson aux TOCs

Le traitement classique des troubles obsessionnels compulsifs associe thérapies médicamenteuses et cognitivo-comportementales mais 1 cas sur 5 résiste à ces traitements. Historiquement, des traitements chirurgicaux ont été proposés ayant pour but la destruction de zones cérébrales impliquées dans les TOCs mais avec de possibles effets secondaires durables. La stimulation cérébrale profonde, technique réversible ayant pour objet de délivrer un courant soit excitateur, soit inhibiteur au sein du cerveau, est utilisée actuellement depuis plus de 20 ans dans la maladie de Parkinson. Or, cette technique s'est avérée être potentiellement efficace dans les TOCs. En effet, il a été rapporté récemment que des patients souffrant de maladies de Parkinson et présentant des TOCs avaient vu leurs troubles obsessionnels compulsifs réduits par la stimulation cérébrale profonde du noyau subthalamique (STN), petit noyau de substance grise située dans la partie haute du mésencéphale.

Ce noyau appartient aux ganglions de la base et est connu pour jouer un rôle clef dans le contrôle du mouvement. Dans la maladie de Parkinson, où un neuromédiateur, la dopamine, n'est pratiquement plus synthétisé, il a été montré que le STN devenait hyperactif, et ses neurones présentaient un mode de décharge en bouffée (burst) à l'origine d'une cascade d'événements conduisant aux symptômes parkinsoniens. L'application, au sein du STN, d'un courant électrique à haute fréquence inhibiteur de cette hyperactivité des neurones du STN permet de moduler l'activité des ganglions de la base et donc d'améliorer les signes cliniques de la maladie de Parkinson.

Dans les TOCs, il est probable que le STN soit également impliqué mais jusqu'à présent aucune donnée ne permettait actuellement de démontrer que les ganglions de la base, et a fortiori le STN, présentaient un fonctionnement anormal dans les TOCs.
 

Le noyau subthalamique, témoin et acteur du dysfonctionnement cérébral dans les TOCs

L'équipe de chercheurs grenoblois a ainsi étudié les activités neuronales des noyaux subthalamiques (STN) de 9 patients présentant des TOCs graves et résistants aux thérapies habituelles, lors de l'implantation d'électrodes de stimulation au cours d'interventions neurochirurgicales. Ces activités ont été comparées à celles obtenues au bloc opératoire chez 11 patients souffrant d'une maladie de Parkinson. « Nous avons pu montrer pour la première fois que les neurones du STN de patients TOCs avaient eux aussi une activité pathologique en bouffée, très similaire à celle enregistrée chez les parkinsoniens, et que ces anomalies se retrouvaient dans les STN des hémisphères droit et gauche mais de façon significativement plus importante à gauche », précise le professeur Stéphan Chabardès, responsable de l'unité fonctionnelle neuro-oncologie - neurochirurgie fonctionnelle du service de Neurochirurgie du CHU de Grenoble.

Ces travaux suggèrentque les boucles non motrices des ganglions de la base sont impliquées dans les TOCs et que le STN en particulier a une activité anormale, en bouffée. C'est ce mode de décharge qui est possiblement corrigé par la stimulation cérébrale profonde, à l'origine des effets thérapeutiques préliminaires déjà rapportés. Enfin, il semble que le cerveau gauche soit plus impliqué dans ces processus, comme le montre l'asymétrie d'anomalie des activités neuronales du STN préférentiellement retrouvées dans les STN gauches.

 

Référence :

Brigitte Piallat, Mircea Polosan, Valérie Fraix, MD, Laurent Goetz, Olivier David, Albert Fenoy, Napoleon Torres, Jean-Louis Quesada, Eric Seigneuret, Pierre Pollak, Paul Krack, Thierry Bougerol, Alim L. Benabid, Stéphane Chabardès, (2010). Subthalamic neuronal firing in obsessive-compulsive disorder and Parkinson disease, Annals of neurology.


Mise à jour le 21 octobre 2016

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